L’insécurité continue d’étendre son emprise, franchissant désormais les frontières maritimes du pays. Le mardi 23 décembre 2025, une vedette de la Garde côtière haïtienne, chargée d’escorter un convoi de treize voiliers marchands en direction de l’île de La Gonâve, a été la cible d’une attaque armée en pleine mer, dans la baie de Port-au-Prince, au niveau du secteur de Gressier. Les faits ont été confirmés par les autorités policières, qui évoquent une opération d’une intensité inhabituelle sur les eaux nationales.
Selon les informations communiquées, l’embarcation officielle a été attaquée par cinq embarcations occupées par des individus lourdement armés. Ce qui devait être une mission de protection commerciale s’est rapidement transformé en affrontement prolongé en mer. Face à la violence de l’attaque, deux unités de renfort ont été déployées en urgence, déclenchant plusieurs heures d’échanges de tirs soutenus avec les assaillants.
L’intervention des forces maritimes a permis de repousser l’offensive. Une embarcation appartenant aux assaillants a été détruite, une autre saisie, et plusieurs individus armés ont été neutralisés. Les autorités soulignent qu’aucun agent de la Garde côtière n’a été blessé au cours de l’opération, un élément mis en avant pour démontrer la capacité de réaction des forces engagées.
Mais le bilan reste lourd sur le plan humain. Un membre d’équipage civil, à bord de l’un des voiliers escortés, a perdu la vie au cours de l’incident. Aucune précision n’a été apportée sur les circonstances exactes de ce décès, laissant derrière lui une victime silencieuse d’un conflit qui ne le concernait pas. Cette perte rappelle brutalement que, dans l’Haïti d’aujourd’hui, même les civils engagés dans des activités économiques légitimes ne sont plus à l’abri.
À l’issue de l’opération, les autorités affirment que la zone maritime a été entièrement sécurisée et que l’escorte des navires a été maintenue. Les treize voiliers ont ainsi pu poursuivre leur route vers La Gonâve sous protection officielle, et la navigation commerciale a été rétablie après plusieurs heures de tension.
Cet incident marque une étape préoccupante dans l’évolution de l’insécurité. Longtemps perçue comme un espace de relative protection, la mer devient à son tour un terrain d’affrontement pour des groupes armés de plus en plus audacieux. L’attaque d’un convoi escorté par l’État révèle une réalité troublante : aucun espace stratégique, terrestre ou maritime, ne semble désormais épargné.
Les autorités assurent que la détermination de la Garde côtière à protéger l’espace maritime national demeure intacte. Mais au-delà des déclarations, une question demeure dans l’esprit de nombreux citoyens : jusqu’où s’étendra encore cette violence, et combien de vies civiles devront être sacrifiées avant que la sécurité ne redevienne une évidence plutôt qu’une exception ?
