La publication du décret électoral dans Le Moniteur le 1er décembre 2025 soulève de sérieuses interrogations. Selon des informations confirmées par une source interne au Conseil électoral provisoire (CEP), le texte publié ne correspond pas à celui initialement transmis au Conseil présidentiel de transition (CPT). En cause : six ajouts opérés unilatéralement, dont deux considérés comme majeurs, sans l’accord formel du CEP.
Parmi ces ajouts figure l’introduction d’une disposition excluant des candidatures toute personne faisant l’objet de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies. Or, cette condition n’apparaissait dans aucun article du projet original du CEP. Plusieurs articles clés du décret ont été modifiés en ce sens, notamment les articles 52, 53, 74, 84 et 98. Une source du CEP l’affirme sans détour : cette orientation n’a jamais été validée par l’institution électorale, qui a exprimé des réserves juridiques sur ce point.
Autre modification de taille : le passage d’un centre unique de tabulation, initialement prévu dans le département de l’Ouest, à dix centres répartis à travers le pays. Une décision lourde de conséquences financières, logistiques et humaines. Si certains membres du CEP reconnaissent que cette option peut présenter des avantages techniques, elle n’en demeure pas moins imposée sans consensus institutionnel.
Une rencontre récente entre le CPT et le CEP n’a pas permis de revenir sur ces changements substantiels. Seules des corrections matérielles jugées mineures devraient être apportées avant la publication d’une nouvelle version du décret. Le calendrier électoral, lui, reste inchangé, avec un premier tour prévu le 30 août 2026. Une chose est désormais claire : les règles du jeu électoral ont été redessinées sans l’accord de ceux censés les appliquer.
