Le chanteur haïtiano-canadien Luck Mervil a été condamné, lundi 11 mai 2026, à deux ans de prison pour une agression sexuelle commise il y a plus de vingt-cinq ans sur une jeune femme de 19 ans, dans un hôtel de Rimouski, au Québec. La sentence a été prononcée par le juge James Rondeau, de la Cour du Québec, au palais de justice de Rimouski, dans un dossier qui aura longuement traversé le temps avant d’aboutir à une peine d’incarcération ferme.
Selon les éléments rapportés par la presse canadienne, l’affaire remonte à l’été 2000. La victime, dont l’identité demeure protégée par un interdit de publication, se trouvait alors dans un état d’intoxication et de grande vulnérabilité. Le tribunal a retenu que l’agression avait eu lieu dans une chambre d’hôtel, après une soirée à Rimouski, en marge d’un événement auquel l’artiste avait participé. Déclaré coupable en août 2025, Luck Mervil, aujourd’hui âgé de 58 ans, continuait de nier les faits et soutenait qu’il s’agissait d’une erreur sur la personne.
La défense réclamait la possibilité pour l’artiste de purger sa peine dans la collectivité, notamment à domicile. Le juge Rondeau a toutefois rejeté cette option, estimant qu’une telle mesure n’était pas appropriée compte tenu de la gravité des faits, de l’état de vulnérabilité de la victime et du degré de responsabilité morale de l’accusé. Le ministère public, de son côté, réclamait une peine de trente mois d’incarcération. Le tribunal a finalement imposé une peine de deux ans, ce qui signifie que le condamné devra purger sa peine dans un pénitencier fédéral, et non dans un établissement provincial.
À cette peine d’emprisonnement s’ajoutent trois années de probation ainsi qu’une inscription au registre des délinquants sexuels pour une période de vingt ans. Le juge a souligné que l’agression sexuelle constitue un acte d’une extrême gravité, en particulier lorsqu’elle vise une personne vulnérable, intoxiquée et incapable de se défendre pleinement. Dans sa décision, il a également insisté sur la nécessité pour les tribunaux de prononcer des peines qui tiennent compte de la compréhension contemporaine des violences sexuelles et de leurs conséquences durables sur les victimes.
Le dossier revêt une dimension particulière en raison de la notoriété de Luck Mervil, longtemps connu dans l’espace francophone, notamment pour sa participation à la comédie musicale Notre-Dame de Paris et pour plusieurs chansons populaires auprès du public haïtien. Mais au-delà du nom de l’artiste, cette condamnation rappelle surtout la portée sociale et judiciaire des crimes sexuels, même lorsque les faits sont anciens. Le temps écoulé n’efface ni la gravité des actes reconnus par le tribunal, ni les séquelles que peuvent porter les victimes pendant de longues années.
Le tribunal a d’ailleurs accordé une place importante aux répercussions subies par la victime, qui ne peut être nommée publiquement. La justice québécoise a retenu que les conséquences d’une telle agression ne se limitent pas au moment des faits, mais peuvent marquer durablement la vie intime, psychologique et sociale d’une personne. C’est précisément sur cette dimension que la décision du juge Rondeau s’est appuyée pour écarter une peine à domicile et imposer une peine de prison ferme.
Luck Mervil a entrepris des démarches pour contester le verdict de culpabilité. Cette procédure d’appel ne change toutefois pas, à ce stade, la sentence prononcée par la Cour du Québec. Comme dans tout dossier judiciaire, la suite dépendra des décisions que les instances compétentes seront appelées à rendre.
Cette affaire, très suivie au Québec comme dans une partie de la diaspora haïtienne, soulève aussi une réflexion plus large sur la célébrité, la responsabilité individuelle et la place accordée à la parole des victimes. Elle rappelle que la notoriété ne place personne au-dessus de la justice et que les violences sexuelles, même longtemps après les faits, peuvent encore trouver un aboutissement devant les tribunaux lorsque la preuve est jugée suffisante.
Sources consultées pour vérification : La Presse Canadienne via CityNews Montréal, 11 mai 2026 ; L’Éclaireur Progrès / La Presse Canadienne, 11 mai 2026 ; Journal de Québec, Pierre-Paul Biron, 11 mai 2026.

